Syrie : Manon a encore tout faux

Manon Schick, directrice d’Amnesty International suisse, s’exprime régulièrement dans 24 heures où elle rédige une chronique à la fois amusante et agaçante. Aussi sûrement attirée par les idées fausses que l’aiguille d’une boussole vers le nord, Manon nous explique, ce matin des Ides de mars, que les insurgés coupables du début de la guerre civile en Syrie étaient de pacifiques manifestants victimes d’une répression féroce ordonnée par un président barbare et brutal, coupables de bombardements de civils, exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, arrestations arbitraires, tortures systématiques etc.

C’est incontestablement cette vision manichéenne de la situation qui est à l’origine du soutien apporté aux insurgés – nullement pacifiques – par une coalition internationale imprudente constituée des Etats-Unis, des Etats du Golfe, d’Israël et de la France. C’est ce soutien public, intellectuel et logistique, qui a indirectement encouragé Daech et qui a provoqué la mort de 250’000 personnes et la fuite de près de 12 millions de Syriens.

On a vu la situation catastrophique provoquée par l’élimination des chefs d’Etat Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi, qui n’étaient pas certes des exemples de légitimité démocratique, mais qui, comme Bachar El Assad aujourd’hui en Syrie, étaient titulaires d’un pouvoir légal devenu légitime par son usage prolongé.

Ce ne sont pas principalement les terroristes de l’Etat islamique qui sont responsables de tous les maux dont souffre la Syrie, ce sont en premier lieu les révolutionnaires insurgés prétendument «modérés» et surtout les pays occidentaux qui les ont soutenus et encouragés.

La seule solution envisageable pour rétablir l’ordre au Moyen-Orient et stopper le flux de migrants cherchant refuge en Europe consiste à cesser immédiatement toute aide aux insurgés de Syrie, à apporter en revanche toute l’aide souhaitée au président Bachar El Assad pour le rétablissement de l’ordre et la reconstruction du pays, puis, une fois le pays pacifié et les immeubles détruits reconstruits, à renvoyer chez eux tous les Syriens qui avaient fui la guerre civile.

Accessoirement, on devrait aussi inviter Manon Schick à s’intéresser aux véritables atrocités commises par des dictateurs africains qui sont rarement épinglés par Amnesty International dont les indignations sont à géométrie très variable.

Claude Paschoud

 

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