Le syndrome du 10 août

Le 10 août 1792, le régiment des gardes suisses qui assurait la sécurité de Louis XVI aux Tuileries au plus fort des émeutes respecta scrupuleusement l’ordre du roi de déposer les armes et de rentrer dans ses casernes. Les gardes furent dès lors presque tous massacrés, démembrés, éviscérés par une foule parisienne ivre de sang et de haine.

Discipline et respect des consignes : c’était le credo des Suisses il y a deux siècles et c’est toujours leur mot d’ordre aujourd’hui. Il n’y a plus de roi pour donner les instructions, mais c’est l’ONU à New York qui commande dont les ukases contre tel ou tel Etat ou tel ou tel particulier sont pieusement recopiés par le Conseil fédéral dans des ordonnances dont la base légale est l’article 2 de la loi fédérale du 22 mars 2002 sur l’application des sanctions internationales (dite  loi sur les embargos)[1] même si ces sanctions visent, comme je l’ai relevé dans Le Pamphlet[2] des personnes qui n’ont jamais été interrogées par un magistrat et auquel personne n’a offert le droit élémentaire d’être entendu, et qui, en outre, n’ont jamais causé de tort à la Suisse.

Et cette servilité à l’égard de l’ONU, comme les reptations de nos diplomates à Bruxelles pour tenter de nous faire pardonner la volonté du peuple, ce crétin, de conserver notre souveraineté, cette servilité précipitera notre perte : notre adhésion – sans négociation ni contrepartie – au principe du Cassis de Dijon a permis l’invasion de nos marchés par des produits médiocres mais bon marché et notre participation probable à l’accueil en Europe d’un flux migratoire inassimilable en provenance d’Asie et d’Afrique marque le suicide programmé de la Confédération… et peut-être même de l’Europe.

C’est le syndrome du 10 août : il faut obéir aux puissants, même si on doit en mourir.

Claude Paschoud

[1] RS 946.231

[2] Le Pamphlet n° 440 de décembre 2014

 

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