Inquiétant Donald Trump !

Je m’étais réjoui de l’élection de M. Donald Trump à la tête des Etats-Unis d’une part parce que sa victoire était aussi la défaite de Mme Clinton, la politicienne la plus corrompue, la plus cynique et la plus néfaste des cinquante dernières années, mais aussi en raison du slogan «America first» qui m’avait paru promettre la renonciation du nouveau président à vouloir imposer les conceptions américaines dans le monde entier.

Le bombardement d’un hôpital militaire syrien, ordonné sans mandat de l’ONU et sans l’aval du Congrès, sur la seule foi de rapports non vérifiés mettant en cause les forces gouvernementales syriennes dans l’usage de gaz de combat, est une très mauvaise nouvelle.

Cette réaction épidermique, avant toute enquête sérieuse, est le signe d’une perte de maîtrise inquiétante pour l’équilibre des forces et la paix dans le monde. On pardonne à la femme caressée dans le métro de gifler le premier mâle à sa portée qui aurait pu être l’auteur des attouchements. On attend mieux du président des Etats-Unis.

On croyait que le cerveau du président était occupé par Steve Bannon, disciple du nationalisme intégral de Charles Maurras. Il semble aujourd’hui squatté par M. Jared Kuschner, gendre juif orthodoxe du président et lobbyiste pro-israélien. Ce qui tend à démontrer, comme le dit Alain Finkelkraut dans son émission «L’Esprit d’escalier» que ce cerveau est vide.

Ce qui n’est pas moins inquiétant, c’est la jubilation des journalistes de grands chemins, comme les appelle malicieusement Slobodan Despot et la gourmandise avec laquelle ils accusent M. Bachar El Assad d’un crime affreux qui ne pouvait nullement lui profiter, sur la seule foi des allégations de deux organisations hostiles au chef de l’Etat et plus ou moins liées aux terroristes, les Casques blancs et l’Observatoire des droits humains.

Ce qui n’est pas rassurant non plus, c’est l’amnésie sélective à géométrie variable de toutes les belles consciences qui ont oublié les bombardements de Dresde et de Hambourg, les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, les gaz défoliants (agent orange) sur le Viet-Nam, le pilonnage de la Serbie, de l’Irak, de la Lybie… et de la bande de Gaza par des bienfaiteurs de l’humanité qui n’ont évidemment rien de commun avec le boucher de Damas.

Lorsque M. Trump se présentait en restaurateur de la fierté américaine, il était crédible. En professeur de vertu pour le monde entier, il est grotesque.

Claude Paschoud

 

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