Moutier comme la Crimée

Je me demande pourquoi le conseil de sécurité de l’ONU n’est pas encore intervenu suite au référendum par lequel les Prévôtois ont décidé de quitter le canton de Berne pour rejoindre le Jura. Il est vrai que l’ONU a laissé l’Ukraine, berceau de la Russie, et le Kosovo, berceau de la Serbie, se séparer de leurs mères-patries, sans la moindre remontrance. Au contraire, ces émancipations étaient conformes au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Mais lorsque la Crimée, russe depuis quatre cents ans, offerte à l’Ukraine par ce crétin de Krouchtchev, a manifesté par une votation claire qu’elle entendait rester russe, voilà que les grandes consciences internationales s’émeuvent et décrètent que cette sécession est illégale, qu’elle viole le droit international et que la Russie (qui ne fait qu’accueillir la brebis momentanément égarée) doit subir des sanctions économiques.

Et Moutier ? Après avoir été offerte par Rodolphe III de Bourgogne à l’évêché de Bâle, l’abbaye de Moutier-Grandval est sécularisée au début du 12 siècle et devient donc une prévôté. Combourgeoise des villes de Bâle, Soleure et Berne au 15e siècle, Moutier est autonome après la révolution française et offerte à Berne à la chute de Napoléon, en compensation de la perte des baillages d’Argovie et de Vaud, devenus cantons suisses en 1803.

La parenté de destin entre Moutier et la Crimée est patente. On attend avec impatience la réaction de l’ONU au référendum sécessionniste prévôtois et l’énoncé des sanctions internationales décrétées contre le canton du Jura.

Claude Paschoud

 

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