Sécurité routière torpillée !

Pour les ayatollahs de la sécurité routière, au BPA, à l’Office fédéral des routes ou dans les états-majors des polices cantonales, une radio française qui signale l’emplacement des radars en Suisse «torpille la sécurité».

Il est vrai que depuis l’introduction dans notre législation des règles issues de «Via Secura» au 1er janvier 2013, il est interdit d’adresser «des avertissements publics aux usagers de la route concernant les contrôles officiels du trafic» (1)

Dès lors, pour ces ayatollahs, qui rêvent d’imposer une limitation générale de vitesse à 30 km/h sur tout le territoire de la Confédération, et même une interdiction générale de rouler (seule solution pour éliminer le risque d’accidents mortels) la diffusion par une radio française des emplacements des radars fixes et mobiles situés en Suisse est une manière de «torpiller la sécurité routière» comme le titre le quotidien gratuit 20 minutes du 23 avril

Soyons sérieux ! La connaissance de l’emplacement des radars favorise la sécurité et ne torpille que les rentrées fiscales espérées des communes et des cantons. Au temps de la campagne pour ou contre le port obligatoire du baudrier de rétention (appelé improprement : ceinture de sécurité), les services de M. Furgler, l’Institut de médecine légale de Zurich (2) et le BPA nous avaient déjà abreuvés de bobards dont le plus gros était que cette obligation allait économiser chaque année plus de victimes que la Suisse n’avait enregistré de morts les années précédentes ! (3)

Les radios locales de France et d’Allemagne se moquent – à juste titre – des prescriptions de l’art. 98a LCR. En dévoilant l’emplacement des radars à leurs auditeurs, elles font plus pour la sécurité routière que les distributeurs d’amendes. Merci à elles de continuer à torpiller… le budget des communes frontalières fondé sur la tonte des travailleurs honnêtes.

Claude Paschoud

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(1)     Art 98a al. 3 LCR (RS 741.01) introduit par la loi du 15 juin 2012 RO 2012 629 FF 2010 7703

On peut se demander légitimement si cette interdiction est compatible avec la liberté d’expression garantie par la Constitution et la CEDH

(2)    Voir notre résumé dans le Pamphlet N° 86 de juin 1979 et notre réponse à M. Steinauer in le Pamphlet n° 96 de juin 1980

(3)     Voir mon article «Pas un seul cas» dans le Pamphlet n° 56 de juin 1976

 

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